L'accès à l'eau en Haïti : réalité ou utopie

L'accès à l'eau est un indicateur qui, selon l'OMS représente le pourcentage de la population disposant d'un accès raisonnable à une quantité adéquate d'eau potable. Cette quantité adéquate représente 20 litres d'eau minimum par habitant et par jour. Et par accès raisonnable, cela sous-entend la disponibilité de l'eau à moins de 15 minutes de marchés.

Par contre depuis le début de la crise sécuritaire dans les zones métropolitaines, on ne cesse de remarquer dans la rue des personnes se levant à 5h AM pour aller chercher de l'eau à plus de 15 minutes de chez eux. Détrompez-vous, ils ne vont pas y puiser l'eau à un réservoir communautaire qu'un gouvernement ait mis dans quartier, de préférence chez des gens qui ont un contrat avec la DINEPA et qui leur revend le seau de 5 gallons à 10 à 25 gourdes. 

© page Facebook AYITI JE KALE

Cette pratique datait depuis l'avant séisme du 12 Janvier 2010, et c'était par choix. Les personnes, plus précisément les femmes au foyer avait une préférence pour les "dlo tiyo" comme ils l'appellent couramment que les eaux de puits transportées dans des citernes, c'était pour elles plus favorables pour les bains et pour le boire, elles y ajoutaient de l'aquatable. Eau qu'elles trouvaient à la Rue Montalais (communément appelé "nèg mawon") et à Chemin des Dalles ou encore "Kafou tifou"

Dans une résolution datant du 28 juillet 2010, les Nations Unies ont reconnu que le devoir à l'eau potable et à l'assainissement est un droit fondamental, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l'exercice de tous les droits de l'homme.
 
©banque mondiale 

Depuis le début de la violence des gangs, l'accès à l'eau devient de plus en plus inexistant, la rareté du carburant a fait qu'on augmente le coût de l'eau. À cela, s'ajoutent les frais que le chauffeur du camion ou la compagnie doivent verser à ces messieurs pour pouvoir traverser leur territoire, et sans compter sur les barricades qu'on retrouve à chaque trois pâtés de rue. 

Quand ces moments se présentent, les personnes qui détiennent un réservoir sur le quartier peuvent décider de ne pas vendre leur réserve d'eau pour ne pas se retrouver à sec au cas où le chauffeur ne pourrait pas venir. 

Enfant buvant de l'eau de robinet © Google 

Alors, les femmes, hommes et enfants sont obligé d'aller frapper chez les gens qui ont un abonnement DINEPA pour leur vendre un peu d'eau et fort souvent, ils s'y rendent pendant que les balles pleuvent. Ils sont souvent victimes de gaz lacrymogènes lancés par les policiers pendant les affrontements.

Le 22 mars 2023, il a été annoncé sur le site de la Banque Mondiale qu'un projet d'eau et d'assainissement de 80 millions de dollars sera lancé en Haïti. Est-ce qu'en renforçant son appui au secteur de l'eau la Banque Mondiale arrivera à résoudre le problème de l'eau pour les milliers d'habitants de la zone métropolitaine et les dix départements y compris ?


Sources : banquemondiale.org |cicr.org |ONU 

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